Messageries instantanées : ce qui pète les c*uilles

Afin de bien promouvoir et améliorer la messagerie instantanée libre, ouverte et standard pour tous, il est nécessaire de bien connaître les défauts ostentatoires des messageries instantanées propriétaires.

Merci donc à tous d’avoir voté sur le petit sondage « Ce que vous détestez le plus dans les messageries instantanées proprios et privées ».

Voici les résultats, sachant qu’il y a eu 1325 cases cochées. Le tout est  suivi d’une petit analyse :

Empoisonnement Nombre de votes
L’enfermement, l’incapacité à communiquer avec d’autres messageries instantanées 133
Le protocole de communication secret et opaque, non-documenté et incompatible 133
Le client unique propriétaire obligatoire monoplateforme 121
L’enregistrement et l’analyse de toute votre vie privée 119
Le flux de publicité ciblée sur votre profil 103
Le contrat d’utilisation restrictif et privateur 95
Les fonctionnalités stupides, inutiles et/ou intrusives 95
Le contrôle total de bout en bout par le fournisseur de service et éditeur du client 95
Le serveur massivement centralisé et unique 88
La censure 79
Les spams 75
kikoo, lol 74
L’absence de chiffrement 71
Les contributions sont impossibles 39
Autre 5

En tête de ce que vous jugez être des désagréments :

  • le cloisonnement des communautés et leur incommunicabilité : un serveur Jabber sur internet est ouvert et fédéré avec l’ensemble de tous les autres serveurs de la planète ;
  • le protocole incompatible avec le reste du monde : XMPP est conçu dans le cadre de l’IETF, l’organisation qui normalise tous les procotoles de l’internet, il est donc interopérable par défaut ;
  • le logiciel client officiel obligatoire : la liberté de choix de votre logiciel client est toujours vrai sur Jabber ;
  • le flicage intégral de la vie privée des utilisateurs : Jabber n’offre pas un seul serveur central, mais un multitude de serveur décentralisés, de plus un administrateur ou fournisseur de service Jabber n’a que peu de choses à faire de votre activité, ou bien n’a pas assez de trafic pour avoir un ensemble de données significatif à revendre ou utiliser ; et enfin il est possible de chiffrer le trafic client à serveur, mais également de client à client, rendant ainsi vos conversations intégralement privées.

Le plus désagréable dans les messagerie instantanées propriétaires est donc ce qui tourne autour de l’entrave à la liberté. Jabber/XMPP est justement conçu pour la liberté d’utilisation, d’apprentissage et d’extension de la messagerie instantanée.

Utilisez XMPP/Jabber en 2009 et au-delà.

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Jabber à Centrale Lille

Après un article sur Jabber à l’université de Nantes et une interview de Maxime sur Jabber à l’INSA de Toulouse, voici une interview de vetetix aka Thomas Arnoux, qui a mis en place un service XMPP à l’école Centrale de Lille.

  • Peux-tu te présenter brièvement ?

Je m’appelle Thomas, mais je suis en général plus connu sous le pseudonyme « vetetix ». Je suis membre du RézoLéo, le club informatique des élèves de l’École Centrale de Lille.
Avec mon expérience dans cette association, je suis passé du statut d’utilisateur de Windows© et de MSN© ne connaissant rien d’autre à celui de Linuxien et libriste convaincu. Après avoir profité de l’expérience et des connaissances de mes amis pendant plusieurs années, j’essaie désormais de mettre à profit mes propres connaissances. En particulier, j’essaie de promouvoir l’utilisation des différentes technologies basées sur Jabber/XMPP.

  • Quand et comment as-tu eu l’idée de mettre en place un serveur Jabber dans l’École Centrale de Lille ?

Je pense que le mieux avant de répondre à cette question est de décrire l’environnement dans lequel évoluent le RézoLéo et les élèves.

La majorité des élèves de l’école habitent dans une résidence privée qui leur est réservée, ce qui nous permet de bénéficier d’une très grande souplesse dans les services informatiques que le RézoLéo offre aux élèves. Nous gérons ainsi l’ensemble du réseau interne, depuis la gestion de l’infrastructure matérielle jusqu’à l’administration des services avancés (portail des élèves, mailing list, etc.), en passant par les outils d’administration du réseau lui-même (DNS, DHCP, etc.). Nous disposons d’une dizaines de serveurs pour y héberger des services, ce qui nous permet de tester, et changer les services facilement.

Mais venons-en à ce qui nous intéresse ici : la mise en place d’un serveur XMPP. Il y a eu, en 15 ans d’existence de la résidence et du RézoLéo, plusieurs générations d’outils de communication en temps réel en interne. Un système basé sur Winpopup était utilisé par plus de 200 personnes (sur les 600 habitants de la résidence) autours de l’an 2000. Ce chiffre a été divisé par deux lors du passage à IRC quelques années plus tard, et diminue d’année en année depuis lors. Maintenant, une vingtaine d’élèves et une vingtaine d’anciens ou d’externes utilisent encore IRC sur son salon principal (#ec-lille@irc.rezosup.net).

Les élèves ne sont en effet plus intéressés par un serveur de discussion en groupe sans valeur ajoutée et relativement geek. Ils obtiennent tout ce qu’il souhaitent en utilisant des réseaux comme MSN© ou Facebook©, que ce soit les discussions en ligne ou d’autres interactions sociales. Devant le constat flagrant que IRC ne permettrait jamais de faire toutes ces choses, je me suis dit lancé dans l’installation d’un serveur XMPP.

  • Quels sont les contraintes ?

La contrainte principale était de pouvoir remplir les mêmes rôles que le serveur IRC actuel, c’est à dire être disponible à la fois de l’intérieur et de l’extérieur de la résidence, et d’être utilisable par les anciens élèves n’ayant pas de compte sur le serveur.

L’objectif étant d’offrir un service à forte valeur ajoutée, extrêmement adaptée aux besoins des élèves de l’école, il était nécessaire qu’il s’insère au maximum dans les services existants. Je pense principalement à l’utilisation de l’authentification sur un arbre LDAP, qui est déjà utilisé pour l’authentification sur un wiki interne et sur le portail des élèves. Nous y stockons de nombreuses informations sur les personnes, comme un profil plutôt complet pour le trombinoscope, la liste des clubs et associations dont ils font partie.

Nous pouvons ainsi simplifier la vie des utilisateurs en ayant une gestion centralisée des informations.

  • Quelle démarche as-tu adopté pour convaincre les décideurs ?

Il n’y a pas vraiment de décideur, le service sera définitivement adopté s’il convainc de sa supériorité sur son concurrent actuel. Il m’a suffit d’installer un serveur XMPP sur mon propre ordi pour faire des premiers tests, puis ensuite de demander à disposer d’une machine virtuelle dédiée et demander les réglages du réseau pour qu’il remplisse d’emblée la plupart des conditions requises.

  • Quelles solutions techniques ont été choisies et pourquoi ?

J’ai rapidement regardé les différents serveurs XMPP existants, en essayant d’en trouver un qui soit assez complet et qui s’améliore avec le temps. Nous disposons de nombreux membres largement assez compétents pour administrer ou installer un serveur un peu complexe, mais n’avons quasiment aucune compétence en développement, il fallait donc choisir un serveur bénéficiant d’un développement actif.

Après avoir testé Jabberd2 et Openfire, mon choix s’est arrêté sur ejabberd, qui offrait de nombreux modules dès l’installation, ainsi qu’un support et une communauté actifs. Jabberd2 (et Jabberd14) ne m’a pas convaincu car il est plus complexe à installer est administrer, et ses composants manquent d’uniformité. Openfire, de son côté, semblait trop intégré, rigide. Du haut de mes faibles connaissances à l’époque, ejabberd me semblait le plus équilibré entre souplesse et puissance.

  • Quels services sont offerts à ce jour ?

À l’heure actuelle, nous n’avons pas encore atteint tous nos objectifs, principalement en terme d’intégration avec les services existants. Nous avons tout de même les services de base, avec authentification centralisée par LDAP, module de discussions en groupes (MUC) avec accès aux logs des salons et à deux clients web via un serveur HTTP.

  • Quels sont les problèmes que vous rencontrez à l’heure actuelle ?

D’un point de vue technique, nous souffrons de la qualité du réseau. En effet, nous sommes dépendants du réseau à l’extérieur de la résidence (pour rendre le service accessible aux extérieurs). Le réseau est victime de coupures intempestives en journée, et les clients et serveurs XMPP gèrent assez mal le problème. Les participants à un salon de discussion ne sont pas prévenus de leur déconnexion, le salon non plus, ce qui est très gênant. IRC gère le problème des déconnexions (entre les serveurs d’un même réseau) bien mieux, et forcément les ircistes nous le rappellent :-)

Nous sommes aussi dépendants de la gestion des DNS de l’école (notre réseau est lié à celui-ci), nous devons donc nous adapter à ce qu’on nous offre, avec ses qualités et ses défauts (délais de modifications de la configuration, mauvaises configurations malgré des mois de demandes incessantes, etc.). Le principal est tout de même que nous arrivions à contourner les problèmes pour faire fonctionner notre service.

  • Une extension de services est-elle prévue ?

Nous continuons activement à faire évoluer le service. Bien évidement, nous travaillons sur l’intégration de la vCard et des « Shared Roster » avec LDAP (nous allons profiter d’une refonte de notre arbre qui va le rendre plus conventionnel, pour ainsi régler les problèmes d’incompatibilité entre ejabberd et notre arbre « fait maison »).

Nous suivons aussi les évolutions des autres serveurs, et nous intégrons les améliorations qu’ils proposent. Je suis ainsi en train d’installer Omnipresence et d’intégrer les informations disponibles dans le trombinoscope. J’essaye de plus de développer un service s’appuyant sur le serveur XMPP pour partager des fichiers de manière privée au sein des associations ou des groupes projets, voire de manière globale à l’intérieur de la résidence. En effet, c’est un des services les plus populaires à l’heure actuelle, il pourrait être intéressant de s’en servir pour promouvoir le serveur XMPP.

  • Comment est publicisé le service dans l’école ? Comment est-il perçu ?

La communication se fait via plusieurs moyens. Tout d’abord des affiches placardées dans la résidence et les couloirs de l’école, ensuite des e-mails envoyés de temps en temps à tous les élèves pour leur rappeler l’existence du service et en vanter l’usage dans diverses situations. Pour finir, nous essayons aussi de profiter du bouche à oreille, mais ce n’est pas toujours très efficace.

Il nous faut surtout gérer deux types de communication : celle destinée aux utilisateurs actuels d’IRC, et celle orientée vers les élèves qui n’ont jamais utilisé ce genre de service et qui ne connaissent que Facebook© ou MSN©.

  • Possèdes-tu quelques statistiques ? Notamment le nombre d’utilisateurs actifs ?

Je n’ai pas de statistiques exactes, mais on a à peu près une quinzaine de personnes, principalement des membres du RézoLéo, qui utilisent le service régulièrement. C’est très faible comparé aux 600 utilisateurs potentiels, mais on peut facilement relativiser cet « échec » en le comparant à la popularité d’IRC, qui n’a qu’entre 20 et 30 adeptes à la résidence.

Entre les IRCistes qui refusent de faire le changement, et les 550 élèves qui ne connaissent pas le service, on a du mal à le rendre plus utilisé. Je reste tout de même confiant, je fais du lobbying pour qu’on se débarrasse d’IRC et pour que les autres membres du club s’investissent pour améliorer le service. Le jour où on aura entre 50 et 100 utilisateurs actifs à l’intérieur de la résidence je considérerai que le service est une réussite.

  • Quelle est la consommation de ressources ?

Je n’en ai absolument aucune idée (je suis un très mauvais administrateur de serveur, et je ne sais pas utiliser la commande « top » :D). Plus sérieusement, ejabberd est installé sur un serveur virtuel disposant de 256 Mo de RAM et nous n’avons aucun problème de consommation. Avec seulement une vingtaine d’utilisateurs simultanés, nous n’avons pas besoin de plus.

  • Quels sont les points positifs ?

Nous avons de bons retours de la part des nouveaux utilisateurs, qui comparent le vieillissant IRC à ce nouveau service disposant d’avatars, de vCards, de couleurs et d’émoticones. Ce ne sont bien évidemment pas des arguments qui convainquent les IRCistes, qui remarquent plutôt les défauts des clients XMPP.

J’ai aussi, je crois, réussi à montrer aux autres membres qu’il existe des moyens d’enrayer la désertion progressive du service de discussion interne, il faut juste s’en donner les moyens et intégrer les différents services pour créer une forte valeur ajoutée.

  • Quels sont les axes d’amélioration ?

Nous avons entre nos mains une bonne base, et le pouvoir de jouer sur tout ce qui est stabilisation, amélioration et ajout des services. Malheureusement, nous ne maîtrisons pas le développement des clients (je m’y suis mis, mais ce n’est pas gagné), donc nous encourageons les développeurs à maintenir leurs efforts. C’est en effet la critique principale qui est faite à Jabber, donc nous espérons que la situation s’améliorera, surtout sous Windows© et MacOS©. La sortie récente de Gajim 0.12 nous redonne espoir.

  • Les autres écoles du groupe Centrale (Paris, Lyon, Marseille, Nantes et Pékin) vont-elles suivre ? Avez-vous engagé des démarches à ce sujet ?

L’initiative à Lille était vraiment personnelle et n’a pas fait l’objet de concertation, ni de communication avec les autres écoles. C’est d’ailleurs l’avantage du réseau XMPP, les différents nœuds sont indépendants, contrairement à IRC. Dès que nous aurons un service vraiment convainquant, nous contacterons les différents responsables pour leur en faire la pub et leur proposer de l’adopter à leur tour.

En attendant, je suis en train de chercher des services d’autres serveurs que nous pourrions ajouter dans notre « Service Discovery », en particulier les modules de MUC.

Merci Thomas !

Mon petit doigt continue à me dire qu’il y a encore d’autres services Jabber dans les écoles et universités… Toujours à suivre…

Jabber à l’INSA de Toulouse

Maxime est étudiant à l’INSA de Toulouse, école d’ingénieur publique généraliste existant également à Lyon, Rennes, Rouen et Strasbourg. Avec l’aide d’autres étudiants et du service informatique de l’école, il a mis en place un service Jabber pour tous les étudiants du campus.

Max s’est prêté au jeu de l’interview : tour d’horizon du service en passant par sa mise en place, la technique, son évolution, son utilisation et ses perspectives.

Peux-tu te présenter brièvement ?

Je m’appelle Maxime Chéramy et je suis étudiant en 3ème année Modélisation, Informatique et Communication à l’INSA de Toulouse.

Quand et comment as-tu eu l’idée de mettre en place un serveur Jabber dans ton école l’INSA de Toulouse ?

L’idée ne vient pas de moi mais ressort du constat d’un besoin plus général :
Historiquement, nous avions un serveur IRC relié au réseau informatique des résidences. Pour diverses raisons, sur lesquelles il n’est pas intéressant que je m’étende ici, ce serveur est devenu contraignant à utiliser et sa fréquentation a lourdement chuté il y a 3 ans environ.
Il y a 1 an et demi nous avons tenté de remettre en place un serveur IRC sur une machine accessible depuis notre réseau VPN mais ça n’a pas duré longtemps car il s’agissait d’une installation de fortune dans l’appartement d’un étudiant et l’IP statique utilisée est redevenue dynamique.
C’était une expérience certes très courte mais qui nous a motivé à faire les démarches nécessaires pour obtenir un vrai serveur de messagerie instantanée pour y héberger des salons de discussion.

Nous (à savoir Vincent, Thibaud, Guillaume, Mathieu, Baptiste et moi) nous sommes rassemblé autour de ce projet pour demander au CRI (Centre des Ressources Informatique) un serveur que nous administrerions nous-même pour y installer un serveur Jabber et d’autres services.

Nous avions le choix entre IRC et Jabber mais le CRI nous a imposé certaines contraintes qui nous a décidé pour Jabber. Le serveur est en place depuis bientôt un an.

Quels sont ces contraintes ?

Principalement :
– Authentification des utilisateurs pour que le serveur ne soit utilisable que par des étudiants de l’école ;
– Les mots de passe ne doivent pas circuler en clair.

Cela devenait vraiment compliqué à faire avec IRC alors qu’avec Jabber c’est plus dans sa logique de fonctionnement.

Quelle démarche as-tu adopté pour convaincre les décideurs ?

Je pense que ce qui a permis de les convaincre c’est que nous avons montré que nous étions motivés, capables et sérieux. Et cela vient certainement du fait que notre projet était suffisamment bien préparé.

J’aimerais en profiter pour les remercier d’avoir accepté notre projet et je voudrais aussi remercier tous ceux qui ont répondu à mes questions et qui ont accepté de partager leurs expériences.

Quelles solutions techniques ont été choisies et pourquoi ?

Après avoir testé différents serveurs Jabber et étudié leurs avantages et inconvénients, notre choix s’est arrêté sur Openfire. Je pense que son point fort réside dans son interface web d’administration. Nous avons pu en quelques clics configurer l’interfaçage avec l’annuaire LDAP et limiter l’accès au serveur aux connexions sécurisées (TLS). Nous pouvons aussi gérer très simplement les salons de discussion.
Les autres serveurs possèdent d’autres qualités qui nous ne sont pas forcement utiles (multi-domaine, cluster, meilleures performances, etc).

Quels services sont offerts à ce jour ?

L’authentification se fait en utilisant l’annuaire LDAP de l’école ce qui permet de fournir automatiquement une adresse Jabber à tous les étudiants. Leur identifiant Jabber est alors identique à leur adresse email.
La connexion serveur à serveur est active ce qui signifie que l’on peut dialoguer avec des personnes extérieurs qui sont sur le réseau Jabber mondial.

Et bien sûr, il y a des salons de discussions (MUC).

Une extension de services est-elle prévue ?

Nous avons un bot que j’ai programmé spécialement pour nos besoins et qui anime entre autre un Quizz et qui annonce sur le salon principal les nouveaux messages postés sur le forum des étudiants.

Bien sûr, si de bonnes idées remontent et qu’elles sont simples à mettre en place, cela sera fait.

Comment est publicisé le service ? Comment est-il perçu ?

Il a été bien accueilli par les étudiants qui sont habitués à l’IRC avec cependant quelques critiques sur les clients Jabber. Il n’y a pas de retours vraiment négatifs puisque ceux qui ne sont pas intéressés ne l’utilisent pas et cela s’arrête là.

L’installation d’un logiciel supplémentaire et sa configuration rebute pas mal de monde. Pourtant, lorsque nous en parlons, les gens trouvent ça sympa. C’est pour cela que nous attendons avec impatience l’arrivé d’un bon client web. Nous en avons essayé plusieurs mais aucun n’est vraiment satisfaisant.

Possèdes-tu quelques statistiques ? Notamment le nombre d’utilisateurs actifs ?

Avant tout, il est nécessaire je pense de décrire la situation pour mieux interpréter les chiffres. L’INSA de Toulouse c’est une école d’environ 2100 étudiants dans le cycle d’ingénieur qui se fait en 5 ans. C’est une école généraliste qui débouche sur une dizaine de spécialisations allant du génie biochimique à la physique en passant par le génie mécanique et l’informatique.
Il s’agit donc d’un public très varié qui n’est pas toujours intéressé par ce type de service et qui utilise déjà MSN, Skype, Gtalk ou d’autres logiciels de messagerie instantanée. De plus, les occasions de se rencontrer en personne sont grandes puisque la majorité des étudiants vivent sur le campus et que nous avons accès à un large panel d’activités grâce à nos clubs et associations.
Et ce n’est pas non plus le seul moyen d’échange entre les étudiants puisque nous possédons aussi un forum assez actif.
Cela étant dit, après un peu moins d’un an, nous avons en soirée une vingtaine de personnes connectées dont une bonne moitié qui rejoint automatiquement le salon principal à la connexion. Ce n’est certes pas énorme mais je suis assez confiant sur l’avenir.

Quelle est votre consommation de ressources ? (question récurrente avant toute mise en place de services)

Le serveur utilisé sert déjà pour d’autres services dont en particulier le serveur web où sont installés entre autre le webmail et le forum (900 000 pages vues/mois). Au final, la consommation CPU du serveur Jabber est insignifiante comparée à Apache+PHP+MySQL et la consommation en mémoire reste raisonnable. Le serveur est un Pentium 4 ‘B’ à 3.06 GHz avec 1 Go de RAM.

Quels sont les points positifs de ce déploiement ?

– Pas de pannes, le serveur est stable ;
– Jabber permet de faire ce qu’IRC permet et plus encore.

Quels sont les axes d’amélioration ?

– Beaucoup de clients Jabber mais pas un seul vraiment convainquant : une impression de logiciels non finis et qui sont loins d’exploiter le potentiel de Jabber ;
– Pas assez d’utilisateurs.

Les autres INSA (Lyon, Rennes, Rouen, Strasbourg) vont-elles suivre ? Avez-vous engagé des démarches à ce sujet ?

Je ne sais pas si les autres INSA vont suivre mais je le souhaite et je suis prêt à aider quiconque voudrait installer un serveur dans son école (INSA ou non).

Merci beaucoup Maxime pour ta disponibilité et ton engagement.

Mon petit doigt m’a dit qu’il y avait beaucoup d’autres services Jabber dans les écoles et universités… À suivre…

Adhérez à l’April, maintenant

L’April a publié une série de trois romans-photo de promotion de la campagne d’adhésion, un bon gros délire de geeks ! Plus original encore, c’est sous forme de QCM, je vous invite à les consulter maintenant :

J’en ai parlé dans un post de novembre : « Adhérez à l’April, voici pourquoi c’est nécessaire », je réitère maintenant :

J’appelle tous les utilisateurs de Jabber/XMPP à adhérer tout de suite à l’April car elle défend les standards ouverts tels que Jabber/XMPP : http://www.april.org/adherer
Promouvoir et soutenir le logiciel libre

Ce que vous détestez le plus dans les messageries instantanées proprios et privées

Voici un sondage qui vous permettra une nouvelle fois de vous exprimer.

Cette fois-ci, le sujet est la messagerie instantanée propriétaire : ce que vous détestez le plus.

Les dessous XMPP de ChessPark

Jack Moffitt est membre du conseil technique et de la board of directors de la XSF. Il a créé ChessPark le site de jeu d’échecs en ligne. Une série d’articles décrivent le fonctionnement de celui-ci sur son blog « Chesspark Design Details » :

Il y décrit les fondations XMPP de ChessPark par un vrai retour d’expérience, en commerçant par le choix de XMPP pour son réseau social sous-jacent, le protocole de communication avec ses implémentations et bien évidemment l’instantanéité des échanges (la messagerie instantanée étant un bonus secondaire), puis il explique les mécanismes de présence et de gestion de session mis en œuvre et enfin il entre plus dans le jeu avec les aspects arbitrage et les spectateurs.

Attention, la lecture n’est pas si triviale, il faut connaître a minima le fonctionnement des MUC. Jack va écrire encore un ou deux articles sur le sujet, à suivre de près donc.

Ceci est la preuve par l’exemple et le vécu  que XMPP ne sert pas qu’à la messagerie instantanée. Un serveur XMPP est un vrai serveur d’applications, offrant tout un ensemble cohérent de fonctionnalités très utiles pour bâtir des applications dans bien des cas concrets (certaines de ces applications peuvent effectivement être des jeux).

À ce propos, je vous conseille la lecture de ces articles, c’est très instructif :